SIRHA Méditerranée 2026

SIRHA Méditerranée

Pendant 3 jours du 15 au 17 mars, Marseille a accueilli la première édition du SIRHA Méditerranée au Parc Chanot.

Ce nouveau rendez-vous a réuni des exposants de toutes tailles, issus d’univers variés, ainsi que des figures emblématiques de la gastronomie marseillaise et des environs.

Bien que le SIRHA Méditerranée n’ait pas l’ampleur du SIRHA Lyon, j’y ai retrouvé le même plaisir à dénicher de bons produits et à échanger avec des professionnels profondément engagés dans leur métier.

Je suis ravie de vous partager ici quelques-unes de ces découvertes.

 

Les concours

Le SIRHA Méditerranée a accueilli le premier Championnat du monde de bouillabaisse remporté par Benjamin Mathieu, chef du Grand Bar des Goudes à Marseille.

En parallèle, la sélection des Bocuse d’Or Europe a réuni 20 pays qui se sont affrontés sur 3 épreuves, avec à la clé l’une des 10 places qualificatives pour la finale qui se déroulera en janvier 2027 au SIRHA Lyon.

Au-delà de la performance, c’est l’ambiance côté public qui m’a marquée, avec des supporters tout autant engagés pour leur équipe que dans un événement sportif ! A quelques pas du Vélodrome, ils ont su donner de la voix !

Représentée par le Chef Maxence Baruffaldi et son commis Arthur Fauriel, la France est arrivée en cinquième position, après la Suède (4e), l’Italie (3e) la Norvège (2e) et le Danemark (1er).

 

Le Food Forum

Le SIRHA Méditerranée est aussi un espace de réflexion sur les grandes mutations du secteur. J’ai assisté à des tables rondes nommées « Regards croisés » animées par Michel Tanguy, journaliste expert food, par exemple :

  • Faire (re)venir les clients : « Fidéliser est tout un art » sur lequel les intervenants ont partagé leur expérience.
  • Un restaurant peut en cacher un autre : de la table d’hôte à un restaurant « 2 en 1 » avec une version différente au déjeuner et au dîner, comment réinventer la restauration ?
  • Quel café en 2026 ? Dans un marché où de nouveaux coffee shop ouvrent régulièrement, les témoins ont raconté leurs parcours et histoires d’entreprise, ainsi que leur métier de torréfacteur.

J’ai été particulièrement intéressée par ces échanges concrets, nourris d’expériences terrain, qui résonnent avec mon activité de consultante.

 

Les masterclass et démonstrations de chefs

L’association Le Tour des Terroirs valorise et fédère plus de 800 acteurs du bien manger et du bien boire. Elle a accueilli notamment le chef Rémy Hernandez, du restaurant Figure à Marseille. Sous le regard gourmand des visiteurs, il a cuisiné des huîtres panées puis frites, accompagnées d’une sauce tartare aux saveurs du sud mêlant pastis, citron et notes végétales. J’ai adoré ce plat iodé et raffiné.

 

Rencontres avec les exposants

J’ai eu le plaisir d’échanger avec l’une des co-fondatrices de Provisions : il s’agit d’un lieu hybride à Marseille, à la fois librairie, épicerie, cantine et cave, un concept engagé autour du vivant et de la cuisine nourricière de marché. Le stand était une mine d’or pour dénicher toutes sortes de livres de cuisine. J’aurais pu y passer la journée !

 

Je vous présente Moÿam, jeune entreprise niçoise qui a créé des bouchées originales inspirées du falafel, déclinées en 6 saveurs : marocaine, asiatique, mexicaine, méditerranéenne, indienne et ma préférée, la saveur des Andes, à la betterave, menthe, quinoa et poivre noir. J’ai adoré la variété des goûts ainsi que les jeux de texture, à la fois croustillantes, fondantes et moelleuses. Colorées et appétissantes, ces bouchées sont 100% végétales, riches en protéines et source de fibres. Moÿam commercialise ses produits aux professionnels de la restauration, pour lesquels le produit est facile et rapide à préparer. 

 

Connaissez-vous la panisse ? C’est une délicieuse spécialité provençale à base de farine de pois chiche. Artisan Daqi l’a revisitée sous forme de frite. Bio, locales, vegan, sans gluten et avec un Nutriscore A, elles cochent bon nombre de cases d’une alimentation healthy. Les Panisses Daqi sont déclinées en 5 saveurs salées – nature, romarin, poivre noir,  truffe et olive – et en 2 versions sucrées, à savoir citron et fleur d’oranger. Du concentré de gourmandise pour cette petite frite de panisse, croustillante à l’extérieur et moelleuse à l’intérieur ! Les produits sont distribués aux Cafés Hôtels Restaurants, en Grandes et Moyennes Surfaces et auprès de grossistes.

 

J’ai particulièrement apprécié mon échange sur l’entrepreneuriat avec Bruno Laffargue, qui a créé Micmac Pâtisserie en 2009 à Carros. Son équipe s’est étoffée au fil des années pour soutenir la croissance de l’entreprise. Elle fabrique plus de 20000 macarons par jour, distribués dans des boulangeries, pâtisseries et chocolateries, mais aussi auprès des restaurants et hôtels en France et en Europe. Déclinés en 40 saveurs sans arôme artificiel, ces macarons sont aussi beaux que bons ! Micmac Pâtisserie propose aussi du sur mesure et des coffrets personnalisés.

 

En juillet 2025, le Domaine Myrko Tepus à Gréoux-les-bains a lancé Substance/s, une gamme de trois boissons gastronomiques effervescentes sans alcool, à déguster au repas en accords mets et boissons. Elles sont produites avec un procédé de fermentation à base de thé. Aurore est une boisson florale très agréable avec des notes de rose de Damas et de pomelo corse. Brume m’a surprise avec son goût puissant de fumé. J’ai adoré Solaris, aux saveurs audacieuses de safran et bergamote, parfaitement équilibrée.

 

Quittons maintenant la Provence pour faire un grand détour chez La brasserie du pays basque où j’ai dégusté le cidre brut Topa que j’ai beaucoup aimé. Il est le fruit d’un délicat assemblage de 10 variétés de pommes fermentées à basse température pendant plus de 4 mois. Artisanal, naturel et non pasteurisé, ce cidre est peu sucré et affiche 6,5 degrés. Il a été récompensé de la médaille de bronze au World Cider Championship de Chicago, et à deux reprises de la médaille d’or au World Cider Award.

 

Je vous emmène maintenant en région Auvergne-Rhône-Alpes, à la rencontre de Hautes Glaces dans le Trièves au sud de l’Isère. Cette ferme biologique créée en 2009 a été la première distillerie au monde à produire ses céréales avec lesquelles elle produit ses whiskies et eaux de vie. Son whisky phare nommé Indigène est un single malt 100% orge, aux délicieuses notes pâtissières d’amandes et de calissons. Au-delà du plaisir de la dégustation, j’ai été sensible à leur démarche globale, jusque dans le design du flacon et le choix des matériaux. J’ai aimé le magnifique flacon en verre recyclé, dont la base ornée de montagnes évoque le plateau du Trièves, et l’originalité du bouchon fabriqué à base de drêches, les résidus après brassage.

 

J’ai aussi rencontré Glaces des Alpes, maître artisan glacier situé près d’Annecy, dont la clientèle est composée de professionnels des métiers de bouche, tels que des restaurateurs ou des glaciers. Le savoir-faire de l’entreprise repose sur un sourcing qui privilégie des matières premières sélectionnées au cœur des terroirs français, mais aussi sur une parfaite maîtrise de gestes spécifiques permettant d’obtenir la texture idéale pour des produits concentrés en goûts. Lors de la dégustation des parfums mangue puis pistache, j’ai en effet été bluffée par la profondeur aromatique et l’intensité des saveurs.

 

Mon coup de cœur est pour Charbon, une distillerie artisanale perchée sur les hauteurs des Monts du Lyonnais à St Symphorien sur Coise. Les deux fondateurs ont créé les premiers alcools de sésame au monde, d’une richesse aromatique exceptionnelle. J’ai adoré l’intensité des goûts de ces spiritueux issus d’une si petite graine ! La gamme comprend 5 alcools bio très différents : le grillé, le fumé, le brûlé, le sucré et le flambé. On peut les déguster tels quels, les utiliser pour créer des cocktails, ou pour cuisiner. Le flambé m’a particulièrement impressionnée, car il présente des saveurs sucrées-salées de sirop d’érable et de bacon, qui aromatiseraient parfaitement un tartare de bœuf. Mention spéciale pour le brûlé, qui vient juste de remporter la médaille d’argent au Concours international de Lyon. Une belle reconnaissance pour Charbon !

 

Depuis bientôt 10 ans, je publie sur mon blog mes visites d’événements food tels que le SIRHA, car j’ai à cœur de mettre en valeur le savoir-faire de celles et ceux qui composent ce secteur aux mille et une facettes.

A travers les histoires des personnes rencontrées au SIRHA Méditerranée, j’espère vous avoir donné l’eau à la bouche et l’envie de découvrir davantage leurs produits et leur travail, et plus largement les métiers de bouche et de la gastronomie.

 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.